samedi 12 janvier 2013

Fantôme

Toujours tout droit, tête dans le guidon
Tu as laissé partir la dame d'autrefois
Et aujourd'hui tu t'en mords bien les doigts
Car sans elle, rien, aucun horizon

La rose rouge et tendre, qui joliement fleurit
Au milieu du tumulte bruyant des géants
Tu as laissé la dame l'emporter en chantant
Faisant face aux colosse ton coeur sest assombrit

Les géants menaçants sont maintenant partis
La rose rouge en ton jardin a refleurit
Mais tu hésites pourtant à la rejoindre ici
La dame d'y il a longtemps, qui jadis t'as séduis

Si l'espoir est intact, tu partiras demain
Sinon jamais plus tu ne la reverras
La dame des temps anciens, dont tu regrettera
Le doux réconfort de sa main dans ta main

Dame d'un autre âge, dame d'un autre temps
Je peux me satisfaire, de mes souvenirs d'antant.

vendredi 27 avril 2012

L'envol (2)

 Je suis mort le 30 décembre 2003, la veille de mon 35eme anniversaire...

Le portail du jardin s'ouvrit avec un grincement abominable, tandis que les quatre ombres se faufilaient discrètement dans le jardin.
"- Moins fort ! intima George en chuchotant, vous allez le réveiller.
- Je n'ai rien dit ! protesta Lisa."
Ils montèrent les quelques marchent qui montaient du jardin à la porte d'entrée de la maison.
"- Ce doit être une surprise, rappela Georges, il ne doit pas nous entendre arriver jusqu'à sa chambre.
- Tu es sûr qu'il n'es pas dans le salon ? demanda encore une fois Lisa.
- Certain, c'est la seule pièce où la lumière est allumée.
- J'ai hâte de voir sa tête, je suis sûre que ça lui fera plaisir "
Fred ne les écoutait plus depuis un moment, il avait le regard fixé sur sa montre attendant l'heure
"- Ca y est, il est minuit" finit-il par annoncer
Georges allait ouvrir la porte mais il fut aussitôt arrêté par Lisa, qui lui tira la manche :
"- J'ai l'impression d'avoir senti un souffle derrière moi, murmura-t-elle, d'une voix à peine audible.
- Que racontes-tu ? s'étonna Georges. Il n'y a que nous trois, et Daniel qui doit dormir à l'étage à cette heure-ci. Allons-y !"
Georges ouvrit la porte et les quatre ombres se faufilèrent dans la maison.

Georges fut le premier à rentrer dans le couloir qui ouvrait sur les différentes pièces de la maison. Mais il se figea au bout de quelque pas, les yeux écarquillés, fixant quelque chose dans l'obscurité.
"- Que se passe-t-il ? chuchota Fred
- J'ai l'impression qu'il y a quelque chose sur le mur, "dit-t-il tout bas.
Il fit encore un pas timide vers l'avant.
"- Je crois qu'il y a quelque chose d'écrit, ajouta-t-il
- Les gars, on est dans le noir quasi-complet et vous savez que je suis une vraie froussarde. Alors ne me faites pas ce genre de blague. C'est de mauvais goût." se plaignit Lisa
George sorti son téléphone portable de sa poche afin d'éclairer le mur.
"-Je te jure qu'il y a quelque chose d'écrit, regardes un peu par ici."
Il avait raison, bien que l'on ne pouvait pas vraiment parler d'écriture, une encre avait été étalée sur le mur, probablement avec un doigt, de façon à former les mots suivants :
Les mystères, petits et grands, trouvent leurs racines ici. Les surmonterez vous ? 

"-Qu'est ce que c'est que ce bordel ?" s'écria Georges.
- Je n'aime pas ça, fit Lisa. Venez on s'en va.
- D'accord, allons juste réveiller Daniel à l'étage et après on part. Tu nous suis Fred ? Fred ?"
Ils se retournèrent et Fred n'était plus derrière eux.
"- Bon sang où est-il passé ? pesta Georges.
- Je n'aime pas ça... geignit Lisa. Je n'aime pas du tout ça.
- Dans ce cas sort de la maison, lui dit Georges. Je vais aller réveiller Daniel et chercher Fred."
Il la regarda traverser le couloir à pas hésitant, distinguant à peine sa fine silhouette dans l'obscurité. Bientôt, sa vague forme disparut dans les ténèbres et il l'entendit ouvrir la porte d'entrée. Pendant un moment, un lampadaire de la rue inonda le couloir d'une lumière crue, violente. Puis la porte se referma, et le noir retrouva sa place, laissant Georges seul au milieu du couloir. Tout de même, il allait falloir qu'il cesse cette manie de vouloir jouer au brave pour impressionner Lisa, alors qu'en réalité il tremblait comme une poule mouillée. Il faisait moins le fier maintenant qu'elle était partie. Mais maintenant qu'il en était là, autant aller réveiller Daniel et rejoindre ensuite Lisa. Tant pis pour Fred, Il s'était éloigné tout seul il ne savait trop où, il retrouverait bien son chemin tout seul.

Éclairant le mur avec son téléphone portable, il chercha l'interrupteur...en vain. Ce n'était pas sa maison, il ne savait pas exactement ou il se trouvait, et le noir ne facilitait pas ses recherches. Soudain, il entendit, venant de l'étage, un cri qui lui glaça le sang. C'était celui de Fred. Pendant un instant, Georges resta planté comme un idiot au milieu du couloir, terrorisé, les jambes tremblantes. Puis, il lâcha son portable, se précipita vers l'escalier, monta trois marches, dans la panique, trébucha, se releva péniblement, se relança dans son ascension. Avant d'arriver en haut, il ralenti le pas, à l'angoisse de découvrir ce qui pouvait se passer à l'étage cette foutue maison. Un réflexe bien inutile, l'escalier en bois avait fait un boucan monstrueux sous ses pas précipités, et tous ceux se trouvant dans la maison les avaient sans doute entendus.
"-Fred ?" appela-t-il.
Il n'obtint pas de réponse. Il monta donc les dernières marches qui le séparaient du couloir de l'étage. Sa tête faisant des va-et-vient permanents autour de lui, cherchant désespérément un indice sur ce qu'il se passait. Mais il ne voyait rien, sinon le lustre accroché au plafond dont on devinait qu'il se balançait dans le vide, malgré l'obscurité. Quelque chose l'avait sans doute heurté peu de temps avant l'arrivée de Georges.
"-Qui est là ? Vous m'entendez ? Daniel ? Daniel ?"
Voyant difficilement plus loin que le bout de son nez, l'homme avançait par petit pas, les jambes écartées et fléchies, prêtes à prendre la fuite à tout moment. Titubant, il poussa la première porte qui lui tomba sous la main et entra dans une pièce. Bien qu'il faisait sombre, un peu de lumière filtrait à travers le rideau et il pu apercevoir, étalés sur le sol deux corps : ceux de Fred et de Daniel. Georges recula, effaré, les deux corps semblaient immobiles. Il fallait qu'il appelle les urgences sans plus tarder. Il fouilla nerveusement ses poches à la recherche de son téléphone portable, avant de se rappeler qu'il l'avait laissé tomber en bas. Il tourna donc les talons afin d'aller le récupérer, et se retrouva nez à nez avec un masque blanc, souriant bêtement, comme on en voit parfois dans les théâtres. La respiration de Georges se figea, il fit un pas en arrière, senti un coup lui lacérer l'estomac, et s'écroula. Quelques ombres qu'il n'arrivait pas à distinguer défilèrent encore devant ses yeux, puis sa conscience s'ébranla, s'extirpant douloureusement de son corps. 

mercredi 28 mars 2012

Ennui



Chant discret, aérien, et léger, si léger
Que ton bruit est doux aux faveurs de l'automne
Que ta note me sonne, d'un air allégé
Et pourtant, et pourtant, tu es si monotone
Ce morne paysage semble se répéter
Inlassablement, de forêt en vallées
Chant discret, aérien, et léger, chant d'automne
Pardonne ma rudesse, mais je te trouve atone
J'ai comme impression, que cette mélodie
Joue à mes oreilles un vague bafoullis
Maudite cacophonie, vil refrain d'automne
Agaçante ritournelle, deviens donc aphone !

Enfin, tu t'es finie, quel grand soulagement
Ce phrasé répété devenait affligeant
Maintenant le calme, restons tranquilles, sereins
Le silence est plaisant quand il est une fin
En revanche, à outrance, il ne vaut plus rien
Chant d'automne, chant d'automne, s'il te plaît reviens !

mercredi 21 mars 2012

Ecriture Automatique n°12

C'est récurrent, exaspérant, diffamant, écœurant, éléphant, accueillant, outrecuidant, ironisant, nettoyant, constamment, arrivant, attendant, prenant, faisait, malfaisant, bienfaisant, étant, grotesquement, ayant, ridiculement, librement enclenchement, portant, brillant, couchant, électrifiant, édifiant

dimanche 18 mars 2012

L'envol (1)



Je me réveillais en sursaut, en sueur dans mon lit, le souffle haletant. Mon esprit emprunt de l'arrière goût amer d'un cauchemar. Je ne me souvenais plus de ce qui s'y était passé. Tout ce qui m'en restait était une terreur folle, si bien que je restai de longues minutes allongé, tremblant sous ma couverture, avec le sentiment qu'un malheur immense s'abattrait si j'esquissais le moindre mouvement. Soudain, j'entendis un craquement sous la maison, qui me fis sursauter brusquement. Puis reprit une longue passivité, agitée de frissons qui se mouvaient d'un bout à l'autre de mon corps, faisant de perpétuels allers-retours du sommet de mon crâne à la pointe de mes orteils, incessants, oppressants.

Cette passivité fut interrompue lorsque la grande armoire en ébène se prit des même tremblements que moi, de façon totalement inexpliquée. J'étais pourtant sur qu'il n'y avait dans cette armoire que mes vêtements, et quelques couvertures de rechange. Mais à peine eus-je réalisé cela que le meuble se mit à trembler de plus en plus fort. Et il continuait à s'ébranler, crescendo, pendant de longs instants, avant de finalement se renverser au milieu de la chambre. Tétanisé dans mon lit, je n'osais même plus respirer. Je fixais avec insistance l'armoire qui venait de tomber ; attendant que quelque chose en sorte, ou du moins un indice qui aurait pu expliquer qu'elle se soit ainsi renversée. Les minutes passèrent, me laissant transit par la peur.

"Voilà, Triste Sire, que la porte du grand Mystère s'ouvre à toi, la porte que personne ne peut franchir, la porte vers l'infini, l'absolu, l'irréel. Quitte ton air maussade, et sourit à la fin." gronda enfin une voix qui semblait venir de l'intérieur de l'armoire ; une voix trop grave pour être celle d'un homme, une voix venue droit de l'Outre Tombe.

Mon cerveau me commandait de rester au fond de mon lit. Je savais pourtant que des choses terribles allaient se passer si je bougeais. Mais les jambes ne m'obéissaient plus, et bondirent hors des couvertures comme pour prendre la fuite. Dans le même temps, la bouche se tordait douloureusement pour former un cri trop aigu pour m'appartenir. Puis les jambes se mirent à courir en direction du couloir. Un souffle passa sur ma nuque. Des doigts caressèrent ma cheville.

Je me réveillais en sursaut, en sueur dans mon lit, le souffle haletant. Mes yeux firent rapidement le tour de la pièce autour de moi, et s'arrêtèrent sur la grande armoire, tombée au milieu de la pièce. Elle avait basculée pendant que je dormais, pour une raison inconnue. Je ne me souvenais que très vaguement d'un rêve ou il m'avait semblé prendre la fuite vers la fin. Je ne savais plus très bien pourquoi. En tout cas, ce n'avait pas été un rêve agréable. Un grincement abominable se fit entendre dans le jardin. Tout mon corps tressaillit, pendant que mon ouïe se tendait vers l'horizon, à l'affut du moindre bruit venait du lointain. Les minutes passèrent. Un chien aboya dans la rue. Quelques voitures manifestèrent un léger vrombissement.

La nuque raide, j'entrepris de me lever hors du lit pour aller examiner la grande armoire renversée. Un vieux bout de papier jaunit y avait été attaché avec un morceau de scotch sale. On pouvait y lire : "Voilà, Triste Sire, que la porte du grand Mystère s'ouvre à toi, la porte que personne ne peut franchir, la porte vers l'infini, l'absolu, l'irréel. Quitte ton air maussade, et sourit à la fin." Cette phrase me disait quelque chose, j'étais persuadé de l'avoir déjà entendu quelque part, mais impossible de me rappeler où. Je n'eus pas le temps d'y réfléchir, que le papier se tâcha d'un liquide rouge tombé du plafond, un liquide qui ressemblait à du sang... Un à un mes muscles se raidirent, et ce ne fut qu'au prix d'un grand effort que je parvint à lever la tête pour apercevoir le cadavre suspendu au-dessus de moi. Sa tête était tournée vers moi, il semblait me regarder, et je pouvais tout voir : je voyais son teint livide, ses dents jaunies, ses yeux blancs encrés dans les miens, me fixant l'air ahuri.

Mais encore plus terrifiant, ce visage qui me fixait comme pour m'accuser du meurtre était le mien. C'était mon corps qui était accroché là-haut. Je trébuchai en arrière, tremblant comme une feuille. Des pas retentirent derrière moi mais je ne fus pas assez vif à me retourner, et deux mains se plaquèrent sur mon visage, tirant ma tête en arrière.

"N'aie pas peur" fit une voix douce, presque aérienne. "Tout se passera bien"

Alors seulement je vis que je ne pesais plus rien, et je me sentis décoller du sol, brusquement apaisé.

mardi 21 février 2012

Ecriture automatique n°11



Derrière le bas de ses cheveux se trouvaient les histoires de sa vie et les malheurs du monde, Hormis que ton lière ne grimpait pas assez haut pour recouvrir les plaies et les insectes rétrécis. Furetant à droite à gauche, jaunissant de ciel, les cirrus du levant soufflaient vers l'est un vent qui balayait l'amour aux contrées les plus reculées, loin au-dessus de l'océan, au sein d'une clameur céleste grondant de tonnerre et de nuages noirs. C'est une bonne chose que tu ne sois pas là.

mercredi 15 février 2012

Ecriture Automatique n°10


J'ai laissé de te voir l'instant d'une lune lointaine, dans une ruelle obscure ténébrée de lueurs. Pourtant parfois il m'arrive encore de rêver du soleil qui s'éloigne lentement vers le firmament. Ais-je perdu confiance ? Je ne pense pas, du moins pas tellement, puisque le pain est pain et le soleil reste lui-même. C'est vrai que je n'aime pas beaucoup humer le parfum de l'air fumant la rose brûlée et le cachalot éhonté.

dimanche 30 octobre 2011

Qu'est ce qu'une écriture automatique ?

                                                     André Breton

Cela fait déjà un moment que je poste sur ce blog des écritures automatiques. Mais nombre d'entre vous se demandent peut-être encore ce qu'est une écriture automatique. C'est pour cela que je fais un petit article spécialement pour vous l'expliquer.

Tout d'abord, pour définir l'écriture automatique, il faut savoir qu'elle est réalisée dans des conditions particulières. Personnellement, j'essaie de la pratiquer d'une façon assez proche des surréalistes, et notamment d'André Breton. Cela consiste à écrire très vite, sur un bout de papier, sans contrôle de la raison. Les phrases s'enchaînent sans avoir de rapport les unes avec les autres, simplement parce qu'un mot en entraîne un autre et ainsi de suite. C'est un état décrit par les pionniers du genre comme un état hypnotique. André Breton écrit dans son manifeste du surréalisme :
"Placez-vous dans l'état le plus passif ou réceptif que vous pourrez... écrivez-vite sans sujet préconçu, assez vite pour ne pas vous retenir et ne pas être tenté de vous relire".

Qu'est ce qui peut bien sortir d'un texte écrit d'une façon aussi étrange ? Tout simplement une création littéraire ayant pour but de dépasser les entraves de la raison. Le but ultime de l'écriture automatique étant la création d'une œuvre totalement libre, sur laquelle même l'auteur n'a plus d'emprise.

Pour cela, il faut se mettre dans un coin calme, histoire de ne surtout pas être interrompu. Parce que si un élément extérieur interfère et amène votre raison à modifier ce que vous écrivez sur la papier, toute la magie de l'écriture automatique sera ternie, les mots ne seront plus aussi beau.

Il existe de bien nombreuses interprétations du phénomène d'écriture automatique. Certains pensent que c'est l'expression d'un second "moi", quelque chose comme un "inconscient" ou un "subconscient" (j'insiste sur le fait que les deux termes ne sont pas équivalents). Pour certains spirites, il serait un moyen de rentrer en communication avec des esprits défunts.

vendredi 28 octobre 2011

Ecriture automatique n°9

Si le tréhant touche la Terre et que le chêne rit au vent demain, seront nous toujours maîtres du destin ? Il est vrai que ma chaussure n'écrase pas grand chose, mais elle a foulé bien des temps, temps qui court le chemin des prés. Jusqu'à ce que la revanche du terrain ne retentisse aussi haut que la bougie allumée, en équilibre sur un fil telle un funambule, prête à pencher d'un coté ou de l'autre. Car c'est bien de cela dont on nous chauffe.

vendredi 21 octobre 2011

Ecriture automatique n°8

Il y avait, sur le grand axe stellaire berçant les étoiles, un grain de semoule qui voyageait le jaune et tanguait vers le beau. Il y avait un point infiniment petit qui zigzaguait légèrement vers une plume, dont les fins filaments tentaient de toucher le soleil. Tout cela, au cœur du temps, se balançait tantôt de gauche et à droite, et riait du stylo lamentablement posé sur l'écriteau. Que tes ailes brûlent, au firmament.